Concepteurs / Programme

complainte fr 
PROLOGUE

 
Cher public,
 
Mes intentions avec cette pièce sont quelque peu « quichottesques » et je vous demande de ne pas rire de moi mais avec moi. En donnant la parole à Dulcinée du Toboso, j’espère ouvrir les cœurs et les esprits à un autre point de vue sur l’histoire de Don Quichotte et sur notre histoire, celui de ceux (et surtout de celles) qui n’ont qu’à peine survécu à l’histoire écrite et dont on trouve les traces principalement dans les images.
 
Ce spectacle pose plusieurs défis techniques, et nous aurons peut-être à prier ensemble au besoin (voir plus bas)…
 
Bien qu’évidemment très personnelle, cette pièce est le fruit d’un effort commun, consenti à tous les niveaux par les membres d’une équipe multitalentueuse sous l’extraordinaire direction d’Alice Ronfard.
 
Que vous ayez lu ou non Don Quichotte, j’espère que vous quitterez cette représentation enflammés par son message d’espoir (et celui de Dulcinée).
 
Bonne soirée.
DulciSignature

PRIÈRE EN CAS DE PÉPINS…

Je vous salue, mac, plein de data
Le signal composite est avec vous.
Vous êtes béni entre tous les câbles VGA,
Et l’image projetée, fruit de vos branchements est bénie.
Sainte Technologie, mère de l’information digitale,
Je vous prie de fonctionner pour nous, pauvres pécheurs,
Maintenant et jusqu’à la fin du spectacle.
Amen.

CHAPITRE I
 
Qui expose les qualités et occupations des fameux
collaborateurs de Dulcinée Langfelder
 
LES CONCEPTEURS
 
Dulcinée Langfelder : Concept et chorégraphie 
Alice Ronfard : Mise en scène et mentorat
Vincent Santes : Marionnette et manipulation
Philippe Noireaut et Danys Levasseur : Compositions et arrangements 
Yves Labelle : Vidéos
Ana Cappelluto : Scénographie 
Éric Gingras : Éclairage 
 
LES INTERPRÈTES 
(voir biographies plus bas)
 
Dulcinée Langfelder : Dulcinée
 
Et les « honorables collègues » (par ordre alphabétique) :
Danny Carbonneau : interprète, marionnettiste… et technicien à ses heures
Érik Lapierre : technicien de scène, accessoiriste par excellence, interprète
Danys Levasseur : technicien son/vidéo, guitariste, interprète
Vincent Santes : directeur technique, maître marionnettiste et interprète
 
Dans la salle :
Philippe Beaudoin : sonorisateur et éclairagiste
 
Nathan Boey : Dessin animé « Yin Yang »
Dulcinée Langfelder : Claymation
 
CRÉDITS MUSIQUES
 
Benares Song
: Kurt Weill et Bertolt Brecht (paroles remaniées par Dulcinée Langfelder)
Orgullecida : Eliseo Silveira
La Rumba : Nino Rota
Low Down Man : Squirrel Nut Zippers
Speaking in Tongues 3 : Sheila Chandra
Strange Fruit : poème d’Abel Meeropol, adapté par Billie Holiday et Sonny White
Dulcinea : Mitch Leigh et Joe Darion (traduit par Jacques Brel)
 
CHAPITRE II
 
Qui traite de la surprenante recherche que fit
l’ingénieuse Dulcinée
 
À PROPOS DE CERVANTES
 
Né a Henares (à ne pas confondre avec Benares), il parlait espagnol, hébreu et araméen. Il a beaucoup écrit, mais Don Quichotte était son seul (et énorme) succès. Il a passé la plupart de sa vie comme soldat, et s’est désillusionné lorsqu’il s’est blessé et n’a pas eu de soutien de la part du gouvernement qu’il avait servi. Il y a des raisons de croire qu’il était juif converti, un franc-maçon, et qu’il fréquentait des cercles d’intellectuels persécutés pour leur dissidence. Il commence son roman en disant qu’il n’en est pas l’auteur, qu’il l’a récupéré de Cid Ben Engele, un maure. Il est intéressant de noter qu’en 1200, Wolfram von Eschenbach, auteur de Perceval (un des premiers livres sur le Sacré Graal) a écrit qu’il a obtenu le manuscrit d’un certain « Kyott de Provence »… un juif qui a obtenu, lui, le manuscrit « d’un maure de l’Espagne ». Oui… Cervantes a lu Perceval, c’est certain. Selon Idries Shah, maître Soufi, Cervantes a basé la plupart de Don Quichotte sur des légendes soufies – y compris la scène des moulins à vent.
 
Est-ce que « Quijote » en espagnol veut dire « vérité » en araméen? Oui, selon Dominique Aubier (spécialiste de l’œuvre Don Quichotte).
 
SHEKINAH QUI?
 
C’est un mot hébraique qui porte une variété de nuances dans son sens premier : « présence divine ». Il est probablement lié au mot, Shak : « pouvoir » en sanskrit – d’ou vient la divinité féminine, Shakti. Sakinat, en arabe, veut dire « paix intérieure » et c’est aussi un prénom de femme. Pour les juifs et les chrétiens, « la gloire de la shekinah » est représentée par le buisson ardent, ainsi que par le halo. Selon la cabale, la shekinah est l’aspect féminin de Dieu. Asherah était, au pays de Canaan, la conjointe du dieu El, précurseur de Yahveh. Elle était représentée par un arbre. On coupait les arbres et on les décorait en son honneur à l’arrivée de l’hiver… eh oui, l’arbre de Noël vient peut-être d’une déesse hébraïque! le mot, Asherah, est utilisé dans la Bible, en référence aux idoles à bannir. Si vous voulez en savoir plus au sujet d’Innana, Ishtar, Demeter, Chalchihuitlicue, Parvati, Amaterasu, Kuan Yin ou Marilyn Monroe… googlez-les!
 
L’HISTOIRE DERRIÈRE LA CHANSON DE STRANGE FRUIT
 
Les paroles de Strange Fruit ont pour origine un poème écrit il y a plus de 60 ans par un enseignant juif du Bronx, Abel Meeropol, mieux connu sous le nom de Lewis Allen, son nom de plume… et peut-être plus célèbre pour avoir adopté les deux fils des époux Rosenberg après leur exécution en 1953 pour « complicité avec l'ennemi ». Ce texte a été chanté par Billie Holiday à partir de 1939 au Cafe Society, le premier cabaret à New York qui intégrait les non-blancs.
 
LA DANSE DE LA SARDANE
 
La danse de la Sardane prend ses origines dans l’Antiquité et est dansée à la récolte pour la déesse Cérès. Encore aujourd’hui, on la danse à la fin de l’été. Cette danse a été abolie (parce que païenne) au début de l’ère commune, mais a refait surface au Moyen Âge, faisant partie intégrante de la culture des troubadours. Elle est disparue de nouveau de la place publique, mais elle a eu une renaissance au 18e siècle pour devenir l’emblème de la culture Catalane. Cette danse a été célébrée par Pablo Picasso, Henri Matisse et Pablo Casals, entre autres.
 
LE CHATEAU DE CABARET
 
Le château de Cabaret * était un bastion cathare de la France du 13e siècle, une oasis de paix pour les troubadours persécutés par les croisés… et pourrait être à l’origine du genre théâtral que l’on connaît - une spéculation amusante!
 
* à ne pas confondre avec un certain club de danseuses nues à New York !
 
CHAPITRE III
 
Où l’on regarde de plus près les honorables collègues de Dulcinée Langfelder, ainsi que la dame elle-même.
 
dlangfelderDULCINÉE LANGFELDER - Directrice artistique, chorégraphe et interprète
Née à New York, elle a étudié la danse, le mime avec le maître Étienne Decroux à Paris, et le théâtre avec Eugenio Barba et Yoshi Oida (collègue de longue date de Peter Brook). Elle est arrivée à Montréal en 1978 pour se joindre à la troupe Omnibus puis, brièvement, à Carbone 14. Elle a travaillé au théâtre, au cinéma, en musique et dans le secteur du théâtre musical comme chorégraphe et actrice. Elle a fondé sa compagnie en 1985 et ses spectacles multidisciplinaires ont tourné à travers le monde : Cercle vicieux (1985), La Voisine (1988), Hockey! O.K.? (1991), Portrait d’une femme avec valise (1994) et Victoria (1999).
 
 vincentsantesVINCENT SANTES - Directeur technique, maître marionnettiste et interprète
Vincent a été formé dans diverses écoles en microtechniques, photographie, théâtre et marionnettes, puis à l’Institut supérieur des techniques du spectacle d’Avignon en direction technique et éclairage de scène. Directeur artistique de la compagnie Théâtre de l’Éclipse pendant 15 ans, il a aussi travaillé comme acteur et marionnettiste sur scène et au cinéma. Vincent travaille chez Dulcinée Langfelder & Cie depuis 2001.
 
 danlevasseurDANYS LEVASSEUR - Technicien son/vidéo, guitariste, interprète
Multi-instrumentiste et compositeur, Danys Levasseur a réalisé des albums avec la chanteuse Mary Sarah et composé la musique pour Foreign Exchange, une pièce de Peter Hays. Il a créé en direct « Longue l’Onde » une pièce pour guitare et ruisseau, et a improvisé en direct la trame sonore de la vidéo-performance Une histoire métamorphorique lors de l’événement Dompteurs de nuit  à Trois-Rivières. Danys travaille avec D.L. & Cie depuis dix ans.  
 
 eriklapierreERIK LAPIERRE - Technicien de scène, accessoiriste par excellence, interprète
Né au Lac St-Jean, Québec, Erik Lapierre a étudié les arts plastiques puis le cinéma. À son arrivée à Montréal en 1996, il a commencé à travailler comme technicien en audio-visuel pour des centres de congrès avant de parcourir le monde avec plusieurs compagnies de théâtre.  Erik fait partie de l’équipe de Dulcinée Langfelder & Cie. depuis 2003 et joue le rôle du préposé en alternance avec celui d’accessoiriste pour les spectacles Victoria et La Complainte de Dulcinée.
 
 dannycarbonneauDANNY CARBONNEAU - Interprète, marionnettiste… et technicien à ses heures
C’est en devenant membre du joyeux quatuor de théâtre de rue Les Jogleors en 1999, que tout a débuté. Il a ensuite co-fondé le Réverbère Théâtre. Comme marionnettiste, il a manipulé sur le spectacle Wintuk du Cirque du Soleil à New York entre autres. Sa longue expérience d’escrime de scène l’a mené à performer au World Kobudo Show ainsi que sur des films comme Timeline ou 300. Diplômé en interprétation de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe, Danny travaille depuis plus de sept ans avec l’équipe de Dulcinée Langfelder & Cie.
 
Et dans la salle :
 
 philippebeaudoinPHILIPPE BEAUDOIN - Ingénieur son
Philippe a appris son métier en travaillant comme sonorisateur pour de nombreux festivals au Québec. Installé à Montréal par la suite, il a pris part à de nombreuses tournées au Canada et en Europe comme sonorisateur principal pour le mentaliste Gary Kurtz, l'humoriste Martin Matte, le folkloriste Yves Lambert, le rocker Jonas et plusieurs autres. Il a aussi travaillé avec l’imitateur André-Philippe Gagnon comme chef à la sonorisation, la video et la synchronisation. Il s’est joint à l’équipe de Dulcinée Langfelder & Cie en 2010.
 
CHAPITRE IV
 
Où l’on raconte de quelle gracieuse manière nos partenaires se firent complices
 
La Complainte de Dulcinée a bénéficié d’une résidence de création :
au Banff Center,
à Hexagram,
l’Usine C,
la Place des Arts
et au Théâtre du Bic.
 
Nous tenons à remercier de leur soutien :
 
CALQ blanc     CAC blanc     CAM
 
le Performing Arts Series at the Johnson County Community College de Overland Park, Kansas, É.U.