Descriptif de la pièce

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Créée en 2008.

Dans une ambiance oscillant entre le cabaret, le théâtre et la performance multimédia, Dulcinée jette un regard critique, sensible et plein d’humour, sur le parcours de l’humanité, par le biais de son homonyme Dulcinée du Toboso, la muse de Don Quichotte et “l’héroïne absente” du roman de Cervantès. Pas besoin d’avoir lu le livre pour savoir qui est Dulcinée. La question est plutôt: existe-t-elle? Sommeille-t-elle quelque part dans chacun de nous?
 
Les rôles sont ici inversés. Don Quichotte devient la muse de Dulcinée. L’esprit du chevalier errant veille depuis les coulisses alors que notre demoiselle en détresse essaie de se secourir elle-même d’une histoire tumultueuse.
 
Par ses réflexions souvent osées, accompagnée d’un chœur d’« honorables collègues » (son équipe technique), Dulcinée entraîne le spectateur le long de la route de la soie, regardant à travers un miroir où le présent s'entremêle avec le passé, tout comme la danse avec le théâtre, les mots avec l’imaginaire… et Quichotte avec Dulcinée.

MOT DE LA DIRECTRICE ARTISTIQUE
Mes intentions sont quelque peu « quichottesques » et je vous demande de ne pas rire de moi mais avec moi. J’ai voulu incarner Dulcinée du Toboso parce que nous partageons le même prénom. C’est pourquoi j’ai lu Don Quichotte il y a bien longtemps, et même si j’ai été déçue par le manque de développement du personnage, j’ai été renversée par le génie intemporel de cette oeuvre. Si j’étais plus cultivée, j’oserais dire que Cervantès a inventé la notion de satire sociale, une notion indissociable de ma démarche artistique.
 
Je crois que Dulcinée, emblème de l’âge de la chevalerie et de l’amour courtois, occupe une position stratégique dans l’Histoire. Elle vient d’un temps où les femmes étaient mises sur des piédestaux – et aussi brûlées vives. Elle représente un temps où Juifs et Arabes (unis dans un âge d’or culturel) se faisaient chasser de l’Espagne, la superpuissance de l’époque. 1492 était aussi l’année où l’on a « découvert » l’Amérique.
 
Dans cette pièce, je vous invite à adopter le point de vue de ceux et surtout de celles qui n’ont qu’à peine survécu à l’histoire écrite, qui n’ont pas façonné nos attitudes religieuses, et qui auraient pu, peut-être, influencer tout autrement le comportement humain. Ai-je parlé d’attitudes religieuses? Je m’aventure en terrain glissant...
 
J’ai demandé à ma mère comment faire pour traiter un tel sujet. Elle a réfléchi longuement puis m’a dit : « Il va falloir danser autour. » Merci, maman, c’est justement mon intention.
   
DulciSignature